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Chirurgie de la main et du poignet

Arthrose du poignet : quand une vieille blessure refait surface

L’arthrose du poignet ne vient presque jamais de nulle part : dans la grande majorité des cas, elle est la conséquence tardive d’une lésion ancienne du ligament scapho-lunaire — une « entorse » négligée — ou d’une pseudarthrose du scaphoïde, une fracture qui n’a jamais consolidé. À chaque stade de son évolution correspond une solution chirurgicale.

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Pourquoi le poignet s’use-t-il ?

Le poignet est un assemblage de huit petits os dont l’équilibre repose sur des ligaments. Lorsque le ligament scapho-lunaire est rompu et non réparé, ou lorsque le scaphoïde fracturé ne consolide pas, cet équilibre se dérègle : les os ne s’articulent plus dans les bons axes, les pressions se concentrent sur certaines zones de cartilage, et l’usure s’installe — sur des années, selon une séquence si stéréotypée que les chirurgiens l’ont nommée : SLAC wrist (après lésion ligamentaire) et SNAC wrist (après pseudarthrose du scaphoïde).

C’est exactement l’évolution que cherche à prévenir la consultation précoce après un traumatisme : une entorse du poignet évaluée dans les 15 à 21 jours, ou une fracture du scaphoïde correctement suivie après un passage aux urgences, évitent la plupart de ces arthroses.

Les symptômes

Le diagnostic et le bilan

Les radiographies montrent l’usure et son stade. Un scanner précise au besoin l’état de chaque interligne, et l’arthroscopie permet, dans les cas difficiles, d’évaluer directement le cartilage — un élément parfois décisif pour choisir la bonne intervention. Le stade de l’arthrose et vos besoins fonctionnels guident ensemble la stratégie.

Les traitements : une solution à chaque stade

Tant que la gêne reste modérée, le traitement est conservateur : orthèse sur mesure, adaptation des activités, antalgiques, infiltrations. Lorsque la douleur devient invalidante, plusieurs interventions se discutent, de la plus conservatrice à la plus radicale :

Ces interventions se déroulent en ambulatoire, sauf exception, sous anesthésie adaptée à votre situation. Le choix se construit avec vous, en pesant douleur, mobilité, force et exigences professionnelles.

Les suites opératoires

Elles dépendent du geste : quelques semaines d’orthèse pour une dénervation, une immobilisation plus longue avec contrôle de la consolidation pour les arthrodèses. Une orthèse sur mesure est confectionnée par notre orthésiste, et la rééducation est organisée avec notre réseau de kinésithérapeutes spécialisés en rééducation de la main.

Questions fréquentes

Pourquoi mon poignet devient-il arthrosique alors que je n’ai jamais eu de « vraie » blessure ?

C’est le scénario le plus fréquent : une « entorse » ancienne, parfois oubliée, a en réalité rompu le ligament scapho-lunaire, ou une fracture du scaphoïde est passée inaperçue. Des années plus tard, la mécanique perturbée du poignet finit par user le cartilage. C’est précisément pour éviter cette évolution que les entorses du poignet doivent être évaluées tôt par un spécialiste.

Vais-je perdre la mobilité de mon poignet après la chirurgie ?

Cela dépend de l’intervention : la dénervation ne modifie pas la mobilité, la résection de la première rangée et l’arthrodèse partielle conservent une mobilité utile mais réduite, et seule l’arthrodèse totale — réservée aux stades les plus avancés — supprime la mobilité du poignet, en échange d’un poignet indolore et solide.

Peut-on mettre une prothèse de poignet ?

Des prothèses de poignet existent, mais leurs indications restent limitées et se discutent au cas par cas, en fonction de l’âge, de la demande fonctionnelle et de l’état osseux. Ce choix se fait en consultation spécialisée, après un bilan complet.

Une arthroscopie peut-elle être utile ?

Oui, à double titre : elle permet d’évaluer précisément l’étendue des lésions du cartilage lorsque l’imagerie ne suffit pas à choisir la bonne intervention, et certains gestes peuvent être réalisés sous arthroscopie.

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