Semi-urgence — à évaluer sous 15 à 21 jours
Entorse du poignet : la blessure faussement bénigne
Une chute sur la main, un poignet qui gonfle, une radiographie « normale »… et une douleur qui ne passe pas. Derrière le diagnostic d’entorse du poignet peut se cacher une lésion ligamentaire — scapho-lunaire, TFCC — ou une fracture du scaphoïde invisible sur les premières radios. Une évaluation spécialisée dans les 15 à 21 jours suivant le traumatisme change le pronostic.
Signalez qu’il s’agit d’un traumatisme récent : ces consultations sont priorisées.
Pourquoi l’entorse du poignet est-elle trompeuse ?
Le poignet est un assemblage de huit petits os reliés par des ligaments fins et puissants. Lors d’une chute sur la main en extension, ces ligaments peuvent se déchirer — en particulier le ligament scapho-lunaire, au centre du poignet, et le TFCC (complexe fibro-cartilagineux triangulaire), côté auriculaire. Problème : une radiographie standard montre les os, pas les ligaments. Le poignet peut donc être « normal » à la radio tout en étant réellement lésé. La fracture du scaphoïde, elle aussi, passe parfois inaperçue sur les clichés initiaux.
Les signes qui doivent alerter
- une douleur qui persiste au-delà de quelques jours après le traumatisme ;
- un gonflement durable, une perte de force de serrage ;
- des craquements, claquements ou une sensation d’instabilité ;
- une douleur ciblée au dos du poignet (scapho-lunaire) ou du côté du petit doigt (TFCC) ;
- une douleur dans la tabatière anatomique, au pied du pouce, évocatrice d’une fracture du scaphoïde.
Pourquoi 15 à 21 jours ?
C’est la fenêtre où tout est encore simple. Dans les premières semaines, un ligament déchiré peut être réparé directement, avec les meilleures chances de récupération. Passé quelques mois, la lésion se rétracte, l’instabilité s’installe, et il faut recourir à des reconstructions plus lourdes — voire, au stade d’arthrose, à des interventions qui ne restaurent plus un poignet normal. Consulter tôt n’est donc pas une précaution excessive : c’est ce qui préserve les options thérapeutiques.
Le bilan spécialisé
L’évaluation associe un examen clinique du poignet (tests ligamentaires spécifiques) et une imagerie adaptée : radiographies comparatives et dynamiques, scanner, IRM ou arthro-scanner selon la suspicion. Lorsque le doute persiste ou que la lésion est confirmée, l’arthroscopie du poignet — réalisée par le Dr Berry — permet à la fois de voir directement les ligaments et de traiter la lésion dans le même temps.
Les traitements
- Entorse bénigne confirmée : immobilisation courte et adaptée, puis rééducation si besoin ;
- Lésion ligamentaire : réparation ou réinsertion, souvent sous arthroscopie ou par un abord limité, protégée quelques semaines ;
- Fracture du scaphoïde : immobilisation ou vissage selon le déplacement — sans traitement, elle expose à la pseudarthrose.
Toutes ces prises en charge se déroulent en ambulatoire à la Clinique des Ormeaux, sous anesthésie adaptée à votre situation.
Questions fréquentes
Ma radio est normale, pourquoi mon poignet me fait-il encore mal ?
Une radiographie standard montre les os, pas les ligaments. Une lésion du ligament scapho-lunaire ou du TFCC peut donc être invisible sur des clichés normaux. Certaines fractures du scaphoïde passent également inaperçues sur les radios initiales. C’est pourquoi une douleur qui persiste justifie un bilan spécialisé.
Dans quel délai faut-il consulter après une entorse du poignet ?
Si la douleur persiste au-delà de quelques jours, l’idéal est d’être évalué par un chirurgien du poignet dans les 15 à 21 jours suivant le traumatisme. C’est la fenêtre où une lésion ligamentaire peut être réparée dans les meilleures conditions.
Que se passe-t-il si une lésion ligamentaire du poignet n’est pas traitée ?
Une lésion scapho-lunaire négligée peut évoluer vers une instabilité chronique du poignet, puis vers une arthrose progressive et difficile à traiter. Un diagnostic précoce change réellement le pronostic.
Comment fait-on le diagnostic d’une lésion ligamentaire du poignet ?
Par un examen clinique spécialisé, complété selon les cas par des radiographies dynamiques, un scanner, une IRM ou un arthro-scanner. Dans certaines situations, l’arthroscopie du poignet est le moyen le plus fiable de confirmer la lésion et de la traiter dans le même temps.
Toutes les entorses du poignet doivent-elles être opérées ?
Non, la grande majorité sont bénignes et guérissent avec une immobilisation courte et adaptée. L’enjeu est justement de distinguer l’entorse bénigne de la lésion ligamentaire qui, elle, mérite un traitement spécifique.