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Chirurgie du poignet — expertise arthroscopique

Pseudarthrose du scaphoïde : la fracture qui n’a jamais consolidé

Une chute ancienne, une « entorse » oubliée — et des mois ou des années plus tard, un poignet qui fait mal côté pouce, qui perd sa force et sa mobilité. La pseudarthrose du scaphoïde est une fracture jamais consolidée, et elle ne guérit pas seule : son traitement associe greffe osseuse et fixation, y compris par techniques assistées sous arthroscopie.

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Pourquoi le scaphoïde est-il un os à part ?

Le scaphoïde est la pièce maîtresse de la première rangée des os du poignet — et le plus fracturé d’entre eux, typiquement lors d’une chute sur la paume. Deux particularités en font un os difficile : sa fracture est souvent invisible sur les radiographies initiales, et sa vascularisation est fragile — le sang y entre par un seul pédicule, si bien qu’un fragment peut se retrouver mal nourri et incapable de consolider. Quand la fracture n’est pas immobilisée à temps, ou ne consolide pas malgré le traitement, les deux fragments restent mobiles l’un sur l’autre : c’est la pseudarthrose.

Les symptômes

Le bilan

Les radiographies posent le diagnostic ; le scanner précise le siège du trait, la position des fragments et l’état des interlignes voisins ; une IRM évalue au besoin la vitalité du fragment proximal. Ce bilan détermine la stratégie — et vérifie qu’une arthrose (SNAC wrist) n’a pas déjà commencé, car elle changerait le plan de traitement.

Le traitement : relancer une consolidation interrompue

L’intervention associe trois gestes : aviver le foyer de pseudarthrose (retirer le tissu fibreux qui s’est interposé), greffer de l’os pour combler et relancer la biologie, et fixer le scaphoïde, le plus souvent par une vis. Selon les cas, la greffe est conventionnelle ou vascularisée — prélevée avec son vaisseau nourricier lorsque le fragment est mal vascularisé. Certaines formes se prêtent à une technique assistée sous arthroscopie, qui limite l’abord chirurgical et préserve les tissus autour du foyer : c’est l’une des expertises du Dr Berry.

Les suites opératoires

L’immobilisation dure plusieurs semaines — avec une orthèse sur mesure réalisée par notre orthésiste — et la consolidation est contrôlée par scanner. La rééducation, progressive, est menée avec notre réseau de kinésithérapeutes spécialisés. La reprise des activités de force attend la confirmation de la consolidation : la patience est ici une partie du traitement.

Le meilleur traitement reste la prévention : toute douleur du poignet côté pouce après une chute mérite une consultation — voir nos pages après un passage aux urgences et fractures de la main et du poignet.

Questions fréquentes

Comment une fracture peut-elle passer inaperçue ?

Le scaphoïde est le spécialiste du diagnostic manqué : la douleur initiale peut être modérée — étiquetée « entorse » — et la fracture est parfois invisible sur les radiographies des premiers jours. Sans immobilisation adaptée, elle ne consolide pas, et la douleur s’installe ou revient des mois plus tard.

Pourquoi faut-il traiter une pseudarthrose qui ne fait presque pas mal ?

Parce qu’elle évolue : le scaphoïde en deux fragments dérègle la mécanique du poignet, et l’usure du cartilage s’installe progressivement — c’est le SNAC wrist, une arthrose du poignet en plusieurs stades. Traiter la pseudarthrose, c’est traiter la cause avant que l’arthrose n’impose des solutions plus lourdes.

En quoi consiste la greffe osseuse ?

Le foyer de pseudarthrose est avivé, comblé par de l’os prélevé — le plus souvent au radius voisin ou à la crête iliaque — puis le scaphoïde est fixé par une vis. Dans certains cas, une greffe vascularisée (avec son vaisseau nourricier) est préférée pour relancer la biologie osseuse d’un fragment mal vascularisé.

Quelles sont les chances de consolidation ?

Elles sont bonnes, mais dépendent de l’ancienneté de la pseudarthrose, de la localisation du trait et de la vitalité des fragments — d’où l’importance du bilan (scanner, parfois IRM) et d’une prise en charge sans attendre. Le suivi est prolongé, avec contrôle scanner de la consolidation.

Quelle est la durée d’immobilisation après l’intervention ?

Comptez plusieurs semaines d’immobilisation, adaptée au geste réalisé, suivies d’une rééducation progressive. Le retour aux activités de force et aux sports d’appui se fait après confirmation de la consolidation.

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